Par : Frantzou Laguerre
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Un rapport publié par l’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch révèle un bilan particulièrement lourd lié à l’utilisation de drones armés dans la lutte contre les groupes armés en Haïti. Selon ce document, au moins 1 243 personnes ont été tuées et 738 autres blessées lors de 141 frappes de drones menées entre mars 2025 et janvier 2026 à Port-au-Prince et dans plusieurs zones avoisinantes.
D’après les informations recueillies par l’organisation, ces opérations auraient été réalisées avec l’appui de la société militaire privée américaine Vectus Global, dirigée par Erik Prince, connu pour être le fondateur de l’ancienne entreprise de sécurité privée Blackwater. Les frappes auraient été menées en soutien aux forces de sécurité haïtiennes dans le cadre des efforts visant à affaiblir les gangs lourdement armés qui contrôlent plusieurs quartiers de la capitale.
Toutefois, le rapport souligne que ces opérations n’ont pas seulement touché des membres présumés de gangs. Au moins 60 civils auraient également perdu la vie, parmi lesquels 17 enfants, ce qui soulève de sérieuses préoccupations en matière de respect du droit international humanitaire et de protection des populations civiles.
Selon Human Rights Watch, l’absence de transparence entourant ces opérations militaires alimente les inquiétudes. L’organisation appelle les autorités haïtiennes ainsi que leurs partenaires internationaux à ouvrir des enquêtes indépendantes afin de déterminer les circonstances exactes des frappes et d’établir les responsabilités en cas de violations des droits humains.
Dans un contexte où la violence des gangs continue de plonger Haïti dans une crise sécuritaire profonde, l’utilisation de technologies militaires comme les drones suscite un débat croissant. Si certains estiment qu’il s’agit d’un outil nécessaire pour combattre les groupes armés, d’autres mettent en garde contre les risques élevés pour les civils et le manque de contrôle sur ces opérations.
Le rapport recommande notamment une plus grande transparence, la mise en place de mécanismes de surveillance indépendants, ainsi que des mesures pour garantir la protection des populations civiles lors de toute opération de sécurité menée dans les zones urbaines densément peuplées.