Par : Frantzou Laguerre
Le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, a accueilli ce mardi 16 juin 2026, à l’Aéroport international Toussaint Louverture le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), António Guterres, dans le cadre d’une visite officielle marquée par de fortes attentes de la population.
Selon les autorités haïtiennes, cette visite témoigne de l’engagement renouvelé de la communauté internationale envers Haïti, alors que le pays traverse l’une des crises les plus graves de son histoire récente. Confrontée à l’expansion des groupes armés, à l’affaiblissement des institutions publiques et à une situation humanitaire préoccupante, la nation haïtienne cherche désespérément des solutions durables.
Lors de son allocution, le chef du gouvernement a souligné que la présence du patron de l’ONU intervient à un moment décisif, alors que les autorités tentent de rétablir un climat de sécurité et de préparer le retour à l’ordre constitutionnel à travers l’organisation d’élections démocratiques. Il a également réaffirmé l’attachement d’Haïti aux principes du multilatéralisme et à la coopération internationale.
Toutefois, au-delà des discours diplomatiques, cette visite ravive également les critiques à l’égard des Nations Unies. De nombreux observateurs estiment que l’organisation internationale, malgré des décennies de présence en Haïti, n’a pas réussi à contribuer durablement au renforcement des institutions nationales ni à prévenir la dégradation progressive de la situation sécuritaire.
Certains secteurs de la société civile rappellent que plusieurs missions onusiennes se sont succédé dans le pays sans parvenir à instaurer une stabilité durable. Aujourd’hui, alors que de vastes territoires échappent au contrôle de l’État et que des milliers de familles sont déplacées par la violence, plusieurs voix s’interrogent sur l’efficacité réelle de l’accompagnement international et sur les responsabilités partagées dans l’échec des stratégies mises en œuvre.
Pour beaucoup d’Haïtiens, la visite d’António Guterres représente certes un geste de solidarité important, mais elle doit surtout déboucher sur des actions concrètes. La population attend notamment un soutien plus efficace à la Police nationale d’Haïti, une mobilisation accrue de la communauté internationale et des engagements capables de produire des résultats tangibles sur le terrain.
Dans un contexte où l’insécurité continue de gagner du terrain, la venue du Secrétaire général de l’ONU apparaît ainsi comme un test de crédibilité pour l’organisation. Entre promesses de soutien et exigences de résultats, les Haïtiens espèrent que cette visite marquera le début d’une réponse internationale plus cohérente et plus efficace face à une crise qui ne cesse de s’aggraver.