Par : Frantzou Laguerre
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Ce 14 août 2026 ramène ces cinq (5) années déjà depuis qu’un puissant séisme a frappé le Grand Sud d’Haïti, laissant derrière lui un lourd bilan humain et matériel. Le 14 août 2021, un tremblement de terre de magnitude 7,2 a durement touché les départements du Sud, de la Grand’Anse et des Nippes. Plus de 2 200 personnes ont perdu la vie et des milliers d’autres ont été blessées. Des maisons, des écoles, des établissements sanitaires, des édifices publics et des infrastructures routières ont également été détruits ou lourdement endommagés.
Cinq ans plus tard, alors que le pays commémore cette tragédie, une question demeure : où en est réellement la reconstruction du département du Sud, particulièrement de la ville des Cayes ?
Dans plusieurs zones touchées, les traces du séisme restent visibles. Certaines infrastructures détruites ou endommagées n’ont toujours pas été entièrement reconstruites. Des familles continuent également de faire face aux conséquences économiques et sociales de cette catastrophe qui avait profondément bouleversé leur quotidien.
Une reconstruction encore loin des attentes
Après le séisme, d’importants besoins avaient été identifiés dans les secteurs de l’éducation, de la santé, du logement, des infrastructures publiques et des routes. Des promesses d’aide et plusieurs projets de reconstruction avaient été annoncés.
Cependant, cinq ans après, le constat sur le terrain soulève encore de nombreuses interrogations.
Pourquoi certaines infrastructures essentielles ne sont-elles toujours pas reconstruites? Qu’est-il advenu des fonds destinés à la reconstruction du Grand Sud? Quels projets ont effectivement été réalisés et lesquels sont restés au stade des annonces? Et surtout, quelles leçons ont réellement été tirées de cette catastrophe ?
Les Cayes face à de nouveaux défis
La ville des Cayes, l’une des principales zones urbaines du département du Sud, reste confrontée à d’importants défis en matière d’infrastructures. La croissance démographique, la dégradation de certaines routes, la vulnérabilité des bâtiments et l’insuffisance de plusieurs services publics accentuent la fragilité de la ville.
Pour de nombreux observateurs, la reconstruction ne devrait pas simplement consister à remplacer les infrastructures détruites. Elle devrait permettre de construire une ville plus résiliente, mieux planifiée et capable de faire face à de futures catastrophes naturelles.
Le séisme de 2021 avait pourtant rappelé une réalité, Haïti demeure extrêmement vulnérable aux catastrophes naturelles et la prévention doit être au cœur des politiques publiques.
Cinq ans après, l’heure du bilan
Le cinquième anniversaire du séisme doit donc être davantage qu’une journée de commémoration. Il doit être l’occasion d’établir un véritable bilan de la reconstruction du Sud.
Les autorités doivent pouvoir répondre clairement à la population, combien d’écoles ont été reconstruites? Combien d’hôpitaux et de centres de santé ont été réhabilités? Quelles infrastructures publiques ont été restaurées? Quels montants ont été mobilisés et comment ont-ils été utilisés?
La population du Sud mérite des réponses.
Cinq ans après le séisme du 14 août 2021, la mémoire des victimes impose aussi une responsabilité : reconstruire mieux, reconstruire durablement et surtout ne pas attendre une nouvelle catastrophe pour agir.
Le 14 août 2026 ne doit donc pas seulement être une date de souvenir. Il doit être une date de réflexion, d’évaluation et d’engagement pour l’avenir du Grand Sud.