Par : Frantzou Laguerre
La situation sécuritaire continue de sombrer en Haïti. Les violents affrontements opposant des gangs armés rivaux dans les communes de Croix-des-Bouquets et de Cité Soleil ont provoqué une véritable tragédie humaine ces dernières semaines. Selon les Nations unies, au moins 390 personnes ont été tuées entre le 6 mars et le 16 mai 2026 dans ces zones devenues les épicentres d’une violence incontrôlable.
Les combats armés, souvent menés en pleine zone résidentielle, ont plongé les habitants dans une terreur permanente. Plusieurs victimes ont été abattues à l’intérieur même de leurs maisons, incapables de fuir les échanges de tirs ou les attaques ciblées des groupes criminels qui se disputent pour le contrôle des territoires.
Outre les pertes humaines considérables, les conséquences matérielles et humanitaires sont également alarmantes. D’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), au moins 87 maisons ont été incendiées au cours des violences. Des familles entières ont tout perdu en quelques heures, contraintes d’abandonner leurs biens pour sauver leur vie.
La vague de violence a également provoqué un déplacement massif de population. Entre le 10 et le 15 mai, environ 10 000 personnes ont fui leurs quartiers pour trouver refuge dans des zones jugées plus sûres, souvent dans des conditions extrêmement précaires. Femmes, enfants et personnes âgées figurent parmi les principales victimes de cette crise sécuritaire qui ne cesse de s’aggraver.
Face à cette situation dramatique, les organisations internationales tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur l’urgence humanitaire et sécuritaire qui secoue le pays. Pendant ce temps, de nombreuses familles continuent de vivre dans la peur, alors que les groupes armés étendent davantage leur influence dans plusieurs communes de la région métropolitaine de Port-au-Prince.